Le juge de l’Audience nationale espagnole, José Luis Calama, a décidé de convoquer l’ancien chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, pour comparaître devant la justice le 2 juin prochain en tant que suspect dans une affaire liée à des soupçons de « trafic d’influence », « appartenance à une organisation criminelle » et « falsification de documents », dans le cadre de l’enquête en cours autour de la compagnie aérienne Plus Ultra.
Selon plusieurs médias espagnols, le magistrat chargé de l’enquête a levé le secret de l’instruction, estimant que les éléments recueillis font état de l’existence d’« une structure organisée et stable » que Zapatero aurait dirigée dans le but d’obtenir des avantages économiques à travers l’exercice d’influences et des interventions auprès d’institutions publiques au profit de tiers, notamment la compagnie Plus Ultra.
La décision judiciaire indique également que les investigations menées par l’Unité de délinquance économique et fiscale de la police espagnole (UDEF) ont mis en évidence l’utilisation de sociétés écrans, de documents qualifiés de « fictifs » ainsi que de circuits financiers « opaques » afin d’influencer des décisions publiques et de dissimuler l’origine et la destination des fonds.
Le juge a également ordonné des perquisitions visant le bureau de Zapatero ainsi que plusieurs entreprises liées à cette affaire, dans le cadre de l’élargissement de l’enquête.
Dans sa première réaction, l’ancien chef du gouvernement espagnol a nié tout lien avec le sauvetage de Plus Ultra, affirmant dans une vidéo n’avoir jamais effectué d’intervention ou de médiation en faveur de la compagnie, et que toutes ses activités publiques et privées ont toujours été menées « dans le respect absolu de la légalité ».
La décision judiciaire, longue de 85 pages, évoque ce que le juge décrit comme « un réseau organisé d’influence illégale », soupçonné d’avoir exploité des relations avec de hauts responsables de l’administration espagnole afin de servir des intérêts particuliers.
L’enquête mentionne également des soupçons liés à des instructions visant à créer une société offshore à Dubaï, aux Émirats arabes unis, un aspect actuellement examiné par les autorités judiciaires espagnoles.




