L’Association Marocaine des Transports Routiers Intercontinentaux (AMTRI Maroc) a exprimé ses inquiétudes quant aux répercussions attendues de la mise en œuvre du système européen d’entrée/sortie (ESS), activé par l’Union européenne à partir du 10 avril 2026, mettant en garde contre ses impacts négatifs sur le secteur du transport international de marchandises au Maroc.
Dans une correspondance officielle adressée au ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, le président de l’association souligne que ce nouveau système, basé sur l’enregistrement électronique des données des voyageurs au lieu du cachet manuel sur les passeports, risque de générer d’importantes difficultés sur le terrain pour les professionnels du transport routier international, en particulier les chauffeurs marocains, considérés comme la colonne vertébrale de ce secteur vital.
L’association précise qu’un grand nombre de chauffeurs professionnels recourent actuellement à des visas de court séjour de type (Type C), dont la durée légale est souvent dépassée, ce qui les expose à des risques d’interdiction d’accès au territoire européen pouvant aller jusqu’à 90 jours, ainsi qu’à d’éventuelles interpellations par les autorités de sécurité européennes.
Selon la même source, ces évolutions pourraient avoir des répercussions directes sur la fluidité des opérations de transport international, en entravant la circulation des camions marocains vers l’Europe, et en aggravant la situation financière des entreprises de transport, déjà confrontées à une forte concurrence de leurs homologues européens.
Dans ce contexte, l’AMTRI appelle les autorités marocaines compétentes à intervenir en urgence auprès des instances européennes concernées afin de trouver des solutions adaptées tenant compte des spécificités du transport routier international, et garantir la continuité de ce secteur stratégique, pilier des échanges commerciaux entre le Maroc et ses partenaires européens.
L’association met également en garde contre le risque de faillite de plusieurs entreprises si ces mesures sont maintenues sans ajustements ni alternatives, ce qui pourrait entraîner un arrêt partiel ou total des activités liées au transport international de marchandises, avec des conséquences économiques et sociales importantes.
Enfin, l’AMTRI insiste sur la nécessité d’une coordination institutionnelle rapide pour trouver une issue à cette problématique, de manière à préserver les intérêts des professionnels et assurer la continuité des chaînes d’approvisionnement et des échanges commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée.




