Déclaration du porte-parole du ministère de l’Intérieur concernant les événements survenus récemment aux points de passage vers les villes de Ceuta et Melilla
À la suite des événements survenus récemment aux points de passage menant aux villes de Ceuta et Melilla, le ministère de l’Intérieur affirme que l’ensemble des informations recueillies et analysées montre que ces événements ne résultent ni de circonstances fortuites ni d’un mouvement spontané. Ils sont le produit de l’interaction de plusieurs facteurs, au premier rang desquels figurent l’exploitation malveillante de l’espace numérique, la diffusion de fausses informations, les activités des réseaux de traite des êtres humains, ainsi que des interprétations erronées de certaines données juridiques et administratives, ayant laissé croire qu’il était possible d’accéder facilement à l’espace européen sans conséquences juridiques.
Conscient de la nature de ces évolutions et de leurs indicateurs, les autorités publiques ont, dès les premiers stades, mis en œuvre une approche préventive et globale reposant sur la détection précoce des différents signaux, le renforcement du niveau de vigilance et de mobilisation, l’amélioration de l’état de préparation des services de sécurité et des autorités territoriales, ainsi que l’intensification de la surveillance terrestre et maritime. Cette approche a permis de maîtriser la situation, de protéger les vies humaines, de préserver l’ordre public et de sécuriser les frontières, dans le strict respect de la loi et du principe de proportionnalité dans l’intervention.
Les données statistiques précises dont disposent les autorités compétentes, fondées sur les systèmes de surveillance et de suivi opérationnel mis en place aux points de départ des tentatives de migration irrégulière, établissent que le nombre réel des personnes concernées s’est élevé à environ 40 000 en direction de Ceuta et à 1 135 en direction de Melilla. Toutes les personnes ayant réussi à atteindre Melilla ont été reconduites immédiatement. Ces chiffres reposent sur des données statistiques et de terrain précises recueillies selon des mécanismes techniques de contrôle et de suivi, ce qui en fait la référence officielle, contrairement à certains chiffres diffusés qui ne reposent sur aucune donnée fiable ni base objective.
Dans ce contexte, les récentes décisions rendues par les autorités judiciaires espagnoles, limitant l’application de la procédure de refoulement immédiat à certains migrants en situation irrégulière interceptés en mer, ont joué un rôle particulier. Ces décisions, associées à des interprétations erronées et à une diffusion trompeuse de leur portée, ont conduit certains candidats à la migration à croire qu’ils pouvaient échapper à un renvoi immédiat. Cette perception a favorisé l’émergence d’un mode quasi exclusif de migration irrégulière, consistant à rejoindre les côtes à la nage, considéré à tort comme offrant davantage de chances d’éviter un refoulement immédiat.
À ce jour, ces événements ont entraîné un décès accidentel consécutif à une chute depuis une zone rocheuse proche de Ceuta, ainsi que dix décès par noyade. Cette situation montre que la faible distance à parcourir — inférieure à soixante-dix mètres — ainsi que la profondeur relativement limitée de l’eau, n’excédant que légèrement deux mètres à certains endroits, ont donné à de nombreux participants un faux sentiment de facilité, les conduisant à sous-estimer les risques et à entreprendre des traversées dont certaines se sont soldées par des conséquences tragiques.
S’agissant des informations faisant état d’autres décès à Ceuta, les autorités marocaines poursuivent, dans le cadre des canaux officiels de coopération et de coordination avec leurs homologues espagnoles, les vérifications nécessaires afin d’établir l’exactitude de ces informations, le nombre réel des personnes concernées, ainsi que leur identité et leur nationalité, en vue d’accomplir les procédures juridiques, administratives et humanitaires requises.
Parallèlement, les personnes concernées ont pu regagner le Maroc dans le cadre de la coopération en vigueur avec les autorités espagnoles et conformément aux procédures applicables, grâce à l’ouverture des postes-frontières aux personnes souhaitant rentrer de leur plein gré. Cette mesure a contribué au retour progressif de la situation à la normale dans la région.
Par ailleurs, le ministère souligne que le parquet compétent a ouvert des enquêtes judiciaires sur l’ensemble des faits et actes liés à ces événements, afin d’en déterminer toutes les circonstances, d’identifier les responsabilités et d’en tirer les conséquences juridiques conformément aux dispositions de la loi.
Enfin, le ministère de l’Intérieur réaffirme que la gestion de la migration ne peut être efficace que dans le cadre d’une approche globale fondée sur la responsabilité partagée, la solidarité effective et le partage des charges. Il souligne que le Royaume du Maroc demeurera, comme l’ont toujours reconnu ses partenaires, un partenaire fiable et responsable, pleinement engagé à renforcer la coopération et la coordination internationales dans la lutte contre la migration irrégulière et la traite des êtres humains. Il continuera également à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver l’ordre public, assurer la sécurité des frontières et garantir la protection des personnes et des biens, dans le respect de l’État de droit et des engagements nationaux et internationaux du Royaume.
Rabat, le 2 août 2026



