À l’instar d’autres villes du Maroc, les parents d’élèves des établissements français de Tanger, notamment le lycée Eugène Regnault et l’école Adrien Berchet, expriment une vive indignation face à l’augmentation continue des frais de scolarité, devenue difficilement supportable pour de nombreuses familles.
Depuis plus de dix ans, ces frais sont en constante augmentation. Attachées à l’enseignement français et conscientes de ses exigences, les familles ont multiplié les démarches — manifestations, courriers adressés à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger — sans obtenir de réponses satisfaisantes.
La situation est particulièrement préoccupante à Tanger, où ces établissements, parmi les plus anciens du Maroc et plus que centenaires, ont longtemps souffert d’un déficit d’entretien de leurs infrastructures. Pendant des années, les hausses ont été justifiées par la constitution d’un budget destiné à financer des travaux de rénovation. Les parents ont consenti à ces efforts dans l’espoir d’améliorations concrètes. Or, les travaux n’ont débuté qu’en 2024 à l’école Adrien Berchet, et de manière très partielle, se limitant à la consolidation des fondations, sans rénovation globale.
Aujourd’hui, la justification des nouvelles augmentations a changé. Celles-ci ne visent plus des projets précis ni la compensation de l’inflation, mais servent à combler un déficit structurel du budget de l’AEFE. Les familles se retrouvent ainsi à financer, de fait, le désengagement progressif de l’État français, dont la contribution à l’enseignement français à l’étranger n’a cessé de diminuer.
Les parents sont désormais appelés à supporter des charges lourdes et durables, notamment celles liées aux pensions civiles, dans un contexte marqué par un manque de transparence, l’absence de visibilité à moyen et long terme, et une concertation jugée insuffisante.
À Tanger, de nombreuses familles estiment être devenues les variables d’ajustement d’un système qu’elles n’ont ni conçu ni piloté. Ce sont principalement les classes moyennes, largement majoritaires, qui se retrouvent aujourd’hui menacées d’exclusion, au risque de fragiliser le modèle même de l’enseignement français à l’étranger, fondé sur la mixité sociale et l’excellence académique.
Les parents appellent l’État français, l’AEFE et l’ensemble des décideurs concernés à ouvrir sans délai un dialogue transparent et sincère, à clarifier leur stratégie de financement et à réaffirmer leur engagement en faveur d’un enseignement accessible, équitable et fidèle à ses valeurs fondatrices.




