Les Marocains attendent avec intérêt le discours royal que le Roi Mohammed VI prononcera ce vendredi 10 octobre 2025 au siège du Parlement, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la cinquième année législative de la onzième législature, selon un communiqué du Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie.
Le discours royal sera diffusé en direct sur les ondes de la radio et à la télévision à partir de 16h30, lors d’un événement politique majeur suivi de près au Maroc comme à l’étranger.
Les principales attentes du discours royal
Selon plusieurs observateurs, le discours devrait comporter des messages forts et des orientations stratégiques adressées au gouvernement et au Parlement concernant les priorités de la prochaine étape, dans un contexte marqué par de grands défis économiques et sociaux.
Le Souverain devrait notamment aborder :
L’autonomisation des jeunes, en particulier la génération Z, afin de les impliquer activement dans le développement national et la prise de décision.
Le soutien à l’économie nationale, la stimulation de l’investissement et la création d’emplois.
L’accélération de la mise en œuvre du nouveau modèle de développement et la réforme des secteurs de l’éducation et de la santé.
Le renforcement de la justice sociale et territoriale ainsi que la réduction des inégalités régionales.
De nombreux jeunes espèrent que le discours royal répondra à leurs aspirations en matière d’emploi, d’éducation, de lutte contre la corruption, de justice sociale et d’opportunités numériques, tout en appelant à une refonte profonde de la gouvernance actuelle.
Les revendications essentielles pour bâtir un État de justice sociale et d’égalité des chances selon la Génération Z
1. Un système de santé garantissant la dignité et le droit aux soins
Réformer la gouvernance du secteur de la santé et appliquer les recommandations de la Cour des Comptes en liant responsabilité et reddition des comptes.
Mettre en place un plan d’urgence pour former, retenir et motiver le personnel médical, notamment dans les zones rurales.
Augmenter le budget de la santé pour renforcer les soins de base et la santé mentale.
Réviser la tarification nationale de référence (TNR) afin de réduire le reste à charge pour les citoyens et généraliser la couverture médicale.
2. Une révolution éducative pour construire un capital humain qualifié et créatif
Mettre en œuvre la loi-cadre 51.17 relative à l’éducation et à la formation selon une feuille de route claire et financée.
Moderniser en profondeur les programmes scolaires pour renforcer les compétences numériques, la pensée critique et la citoyenneté.
Améliorer le statut et la formation continue des enseignants à travers une politique d’incitation.
Réformer l’enseignement supérieur via un pacte national participatif garantissant stabilité et qualité.
3. Une économie productive créatrice d’emplois décents et libérant les énergies de la jeunesse
Réorienter l’économie vers des secteurs à forte valeur ajoutée (technologies, économie verte, industries avancées).
Adopter une loi spécifique pour encourager l’entrepreneuriat des jeunes avec un accès facilité au financement et à l’accompagnement.
Réformer le marché du travail pour offrir une meilleure protection aux jeunes et aligner la formation professionnelle sur les besoins économiques.
4. Éradiquer la corruption et consolider la bonne gouvernance
Renforcer l’indépendance des organes de contrôle et appliquer leurs recommandations sans délai.
Mettre en place un système numérique transparent pour les marchés publics afin de lutter contre le clientélisme.
Garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire dans le traitement des affaires de corruption.
Rendre obligatoire la déclaration de patrimoine et criminaliser l’enrichissement illicite.
5. Un État de droit et la protection des libertés publiques
Garantir le droit à la manifestation pacifique et à la liberté d’expression conformément à l’article 29 de la Constitution.
Ouvrir des enquêtes judiciaires indépendantes sur les violations commises lors des manifestations et sanctionner les responsables.
Libérer les détenus d’opinion et assurer des procès équitables.
Respecter la liberté de la presse et d’expression comme pilier de la transparence et de la lutte contre la corruption.




