Une déclaration de Zakia Driouich, Secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, a suscité une vive controverse dans les milieux politiques et professionnels, après avoir révélé, lors d’une réunion partisane, l’octroi d’un financement public de 11 millions de dirhams à un membre de son propre parti, le Rassemblement National des Indépendants (RNI), pour un projet de reproduction des mollusques.
La ministre a fait cette déclaration lors d’un événement organisé à Dakhla au début du mois de mai, sous le thème « Débat des RNIstes – Le parcours des réalisations », en présence de membres de la Chambre de la pêche maritime de l’Atlantique. Elle a évoqué ce soutien financier sans détailler les critères de sélection ni les procédures suivies, ce qui a été perçu par plusieurs comme une instrumentalisation politique d’un programme public dans un cadre purement partisan.
Réagissant rapidement, le député Mustapha Ibrahimi du Parti de la Justice et du Développement (PJD) a adressé une question écrite à la ministre, l’interrogeant sur le cadre juridique de ce soutien, le montant total alloué au secteur, le nombre de bénéficiaires, les critères de sélection, et le respect de la transparence et de l’égalité des chances.
Ibrahimi a souligné que cette annonce avait suscité un profond étonnement au sein des professionnels du secteur de la pêche, tant au niveau local que national, et a demandé des explications sur les résultats concrets de ce projet, sa rentabilité économique, et les raisons pour lesquelles cette information a été divulguée dans un événement partisan, si elle relève réellement d’un programme gouvernemental – ou s’il s’agit d’une campagne électorale déguisée.
Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre la ministre admettant explicitement le soutien financier accordé à un « visage connu du parti » à Dakhla, ce qui a ravivé le débat sur l’usage politisé des programmes publics à des fins électorales.
Pour rappel, la reproduction des mollusques est une activité aquacole spécialisée visant à produire et élever des espèces marines telles que les huîtres, les calmars ou les moules, dans des centres dédiés. Ce type de projet nécessite un soutien technique et financier important, d’où les interrogations persistantes sur les critères d’attribution d’un tel financement considérable.




